samedi 3 août 2013

Combat avec les Djinns

Combat avec les Djinns

Après une heure de chez nous dont j’ai passé les minutes à revoir les images et les tableaux de nos rencontres, je me suis dirigé vers notre quartier, pendant que ma pensée allait profondément dans les souvenirs, réveillant la tristesse et les peines. Je suis arrivé à la place que les mains des démolisseurs ont agrandie, après avoir détruit les taudis des gens paisibles sous divers prétextes fallacieux. J’ai vu alors un jeune garçon, la tête tournée vers un mur.1 Le jeune garçon avait pris une attitude qui rappelle l’écolier qui est puni, ou qui a peur que quelqu’un ne le reconnaisse s’il tourne la tête. J’étais ébahi de le voir, car tout en lui me laissait croire que c’était moi.

Je me suis approché de lui, très troublé ; il se retourna, et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me suis aperçu que c’était mon visage, voire moi-même entièrement. Il éclata de rire, en se moquant et il se retint quelques secondes avant d’éclater en colère et de hurler. J’ai alors fait le Rappel de Dieu et répété, au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Je me suis rappelé les paroles de Ronca Cham au sujet des Djinns rancuniers et leurs pièges. J’ai touché le Saint Coran que mon père m’avait laissé. Je l’ai sorti de ma poche. Il était aussi grand qu’un fruit de jujube gardé dans un étui en argent. J’avais avec lui un secret que seul le Dieu des mondes connaît. Chaque fois que je l’ai tenu en main et que je l’ai pressé, j’ai senti que la force de la terre entière était entre mes mains et que je ne craignais aucun danger même si une montagne de trahison m’attaquait. J’ai lancé un Allah Akbar retentissant suivi d’un coup de poing sur le visage de cet individu. Le misérable prit la fuite dans l’air. J’ai vu alors les enfants du quartier et quelques hommes et jeunes s’approcher de moi ébahis et me poser des questions. Ils étaient habitués à me voir agir ainsi avec les mercenaires du régime et les agents de l’ombre. Je n’ai pas voulu les informer, ni leur dévoiler sa réalité afin d’éviter la sédition et les accusations. Je les ai tranquillisés en leur disant que c’était là un exercice que je suivais pour les cas où. Mais les gens ont continué à affluer de tous les coins du quartier.

Et voici, l’uléma célèbre du quartier, Cheikh Harazeddine qui pressait le pas dans ma direction, pendant que les gens lui ouvraient le passage en disant Allah Akbar, jusqu’à arriver chez moi, alors qu’il était tremblant de colère et qu’il a failli se retirer. Il me salua, l’air renfrogné et il dit d’un ton ferme : qu’avez-vous avec ces comportements stupide que vous ne cessez d’avoir et que d’autres subissent. Je vous ai averti plusieurs fois, et c’est la dernière fois que je vous préviens, après quoi nous vous laisserons à votre sort.

J’ai répondu à son discours par le silence, et j’ai repoussé ses paroles par mes regards, pendant que les gens gardaient le silence, ne sachant que faire.

En effet, le vénérable cheikh avait un statut parmi eux, et j’avais moi, une bonne réputation. Lorsqu’il dépassa les bornes, j’ai crié très fort afin que tout le monde entende : Le péché est le péché de ceux qui sont installés (au pouvoir), l’égarement est celui des faibles qui hésitent, qui subissent le gage mais ne le portent pas ; qui se font imams rien que pour la notoriété, sans en garder le contenu. S’ils avaient accepté le combat, leurs partisans n’auraient pas déserté, et leurs subordonnés ne les auraient pas abandonnés. Ils ont préféré la faiblesse et ils ont tendu leurs cous aux despotes. Si la religion avait été suivie et si la promesse de Dieu aux moujahidines avait été réalisée, un dixième de ceux qui ont été assassinés, aurait suffi à renverser la corruption et à diffuser le bien dans le pays. Mais vous vous êtes passés en héritage la lâcheté et l’abandon qui sont devenus vos habitudes et vous avez choisi de rester assis, semblables à des décors et à des meubles.1

Le cheikh fut abasourdi et les gens présents perplexes. Je me suis faufilé en direction de la maison de mon oncle. Je suis allé à toute vitesse, bien déterminé, l’impatience m’habitant et mettant mes nerfs à l’épreuve.

Il était clair pour moi que si les peuples arabes et musulmans n’allument pas, à travers les woulats1 ascètes et le ulémas pieux – les incendies du changement dans leurs régimes, et s’ils ne diffusent pas les bannières du passage à l’Islam dans leurs sociétés, la nation vivra un événement2 qu’elle n’a jamais connu auparavant, et elle connaîtra le pire des héritiers, l’Amérique, que son passé et son histoire ont connus.

J’ai rencontré mon oncle à quelque distance de la maison. Il y avait dans ses traits de la colère, et j’ai eu le sentiment que quelqu’un l’a mis au courant de ce qui s’est passé sur la place. Il a dû pressentir un malheur et il s’est contenté de répondre à mon salut et de poursuivre son chemin. J’ai pensé qu’il allait à la rencontre du cheikh Harazeddine. Quelques pas après, je frappais à la porte du cheikh. J’ai attendu et j’ai continué à frapper avec insistance, sans succès. Tout d’un coup, la porte s’ouvrit et je vis mon oncle debout comme s’il voulait m’interdire de rentrer. Je fus pris de panique. J’avais vu mon oncle se diriger vers la maison du cheikh et le voilà debout devant la porte ! J’étais dans un embarras total.

Soudain, j’entendis venant de la pièce intérieure, des appels au secours, répétant mon nom. J’ai voulu rentrer mais il m’en empêcha. Les appels devinrent plus forts accompagnés de cris d’enfants. La mère cria : Aides-nous, Arkâne, ton oncle a perdu la raison. Il nous a liés, moi et les enfants et il s’est mis à nous battre, chose qu’il n’a jamais faite toute sa vie. C’est comme s’il était une personne qui ne nous connaît pas ou un diable que nous ne connaissons pas.

Se paroles m’ont ouvert les yeux sur l’état de ce misérable qui se tenait devant la porte. J’ai alors touché le Livre de Dieu et je lui ai donné un coup de poing dans la figure accompagné d’un Allah Akbar tonitruant. Il a lancé un cri strident et il a disparu. La pauvre femme s’est mise à pleurer et à regretter son époux. Les enfants étaient épouvantés à l’idée que leur père était mort et qu’ils allaient être orphelins.

Soudain, mon oncle est apparu devant moi et j’ai pensé que c’était l’homme que je venais de frapper. J’ai crié Allah Akbar voulant lui asséner un coup. Il hocha la tête étonné en disant : Combien tu es froid, mon neveu ; n’as tu pas assez fait au milieu de la place avec ton comportement et tes exercices ?

Sa femme cria alors du fond de la pièce : « Loué soit Dieu qui t’a retourné à nous, Ahmad ». Que Dieu te pardonne ce que tu nous as fait. Il n’a pas compris et elle non plus puisque ni elle ni le enfants n’étaient liés. Mon oncle prit sa tête entre ses mains, puis il leva la tête en répétant : « Il n’y a de volonté ni de force qu’en Dieu, le Tout Puissant ».

Il s’est ensuite tourné vers moi avec des mots de reproches : Je t’ai toujours connu sérieux et sage, Arkâne, mais ce que tu as fait est plus que de la folie. Tu as des drôles d’agissements et tu prétends que tu te prépares au Jihad et au combat, jusqu’à atteindre ma famille et me faire perdre la raison.



1 Après avoir démoli les habitations, les autorités Saddamistes criminelles ont élevé des murs pour séparer les quartiers les uns des autres, pour les empêcher de communiquer et de se solidariser face aux descentes habituelles des forces de l’ordre et de leurs mercenaires.
1 Il y a là une réponse au fait que la non assistance au droit est une vieille habitude et que l’abandon est une chose héritée depuis les guerres de l’Imam Ali avec Moawia ; et la préférence de la sécurité en échange de la faiblesse, au lieu de la dignité dans le Jihad, est une chose qui ne s’est pas arrêtée depuis des siècles.
1 Pluriel de wali.
2 Le colonialisme juif.

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