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mardi 30 juillet 2013

À LA MAISON DE LA CULTURE




J’ai trouvé qu’il était inévitable – face aux circonstances injustes – de m’éloigner des regards, de peur pour la bannière et par souci de voir le message poursuivre son chemin à travers ses canalisations humaines bien préparées et rodées, et à travers leurs nouvelles méthodes. Ceci m’a obligé à calmer mon activité et à garder secrets mes pensées et mes plans, et à les confier à ceux que j’ai choisis et délégués à cet effet, parmi l’élite des croyants et des citoyens.

la couverture du livre (le jour du jugement)
En public, au cours des rencontres et sur le théâtre du mouvement et des occasions, j’avais un visage difficile à lire pour les informateurs et une activité qui ne pouvait abreuver les inspecteurs et les agents agresseurs de la sécurité.

Je n’ai jamais ignoré un seul instant, que le sacrifice de la réputation et le renoncement à la citation et aux compliments,[1] avait le mérite après Dieu d’approvisionner ma cause en hommes et en bons éléments, et de conduire à la réalisation de mes objectifs.

Comme d’habitude, je me suis levé un matin, à l’aube, je suis sorti parmi les gens, étudiant leur situation, écoutant leurs nouvelles, examinant ce qui les influence et ce qui les fait bouger, et après une longue marche et pas mal de fatigue, je suis arrivé à la maison de la Culture et je suis allé droit vers la salle de lecture. Après avoir pris un peu de repos, je me suis mis à regarder les livres sur les étagères à la recherche d’un livre. Soudain, j’ai vu, tout près de moi, à gauche, une jeune femme étrangère. Je l’ai regardée et j’ai vu sur son visage un certain embarras et dans ses yeux une question profonde. Un salut est alors parti en français accompagné d’un sourire suivi d’un éloignement affecté, à la recherche d’un livre qui lui donne satisfaction. Elle passait en revue les titres, elle examinait les têtes de chapitres, puis elle revenait avec peu d’espoir et beaucoup de tension et de réaction. Prise d’ennui, elle a tourné son regard vers moi et elle s’est aperçue que je l’observais, que je la suivais des yeux. Elle m’a alors envoyé un sourire dont le côté extérieur était un salut et le côté intérieur, un appel au secours. J’ai réagi avec beaucoup de calme afin d’éviter la suspicion et la mauvaise interprétation. Elle s’est alors approchée de moi sûre d’elle-même et elle s’est présentée en français : Je m’appelle Tania, je suis autrichienne et je réside dans votre pays depuis près de deux ans. Je suis la fille du Consul Général et je prépare une thèse de doctorat sur la philosophie islamique… Elle s’est aperçue qu’elle parlait alors que j’étais absent – ou c’est ainsi que les choses lui ont paru – et elle a demandé : Connaissez-vous l’anglais ? Je lui ai répondu après un silence qui l’a rendue perplexe, et en bon français : Poursuivez votre discours mademoiselle la chercheuse autrichienne.

Elle a alors exprimé son étonnement et son admiration et elle a dit, dans un arabe faible : Al-Hamdulillah.

Je me suis présenté avec mon sobriquet sans plus. Elle fut encore étonnée de ma réponse brève et de mon attitude ; je l’ai alors invitée à aller nous installer dans un coin éloigné et calme de la salle, afin de répondre à ses questions, dans l’espoir de voir dans mon invite, ce qu’elle recherche et qu’elle n’a pas trouvé. J’ai vu qu’elle avait tendance à s’asseoir à côté de moi, voire à coller contre moi, pensant que ce serait utile pour le dialogue et les explications, ou peut-être est-ce une habitude de chez eux. Il y a des situations qui plaisent aux uns et qui ne veulent rien dire pour les autres. Quoi qu’il en soit, la Loi de Dieu, le Dieu de nous tous, est celle qu’il faut respecter en premier. C’est pourquoi, je lui ai demandé de s’asseoir en face de moi, de l’autre côté de la table. Je l’ai regardée avec le sourire et quand j’ai vu qu’elle n’a pas réagi, j’ai compris que son but était bien la recherche et rien d’autre.

Elle a commencé avec une question : Il semble que vous avez une haute connaissance de la philosophie et une technique spéciale dans le choix des références qui vous conduisent rapidement au but. Est-ce que vous allez me faciliter la tâche et me permettre de profiter de cette occasion pour obtenir un peu de ce que je recherche…

Elle a voulu continuer lorsque la sonnerie de son téléphone portable lui a porté des nouvelles qui ont dû interrompre la rencontre.

Elle m’a jeté un regard chaleureux et elle a dit avec regret : Excusez-moi, j’ai un devoir urgent, si vous permettez ? Elle n’a pas entendu ma réponse, non pas parce qu’elle n’a pas voulu mais parce que j’ai répondu par un signe de la tête et de la main.

J’ai passé la nuit de ce jour-là avec ma pensée touchant à la fois des choses diverses parmi lesquelles s’était introduite une chose d’un type étrange qui, chaque fois que je la repoussais, revenait de plus fort. Je suis sorti le lendemain comme d’habitude et j’ai marché parmi les gens, lisant et examinant, étudiant leur situation avec, dans le cœur, un dessein qui me colle et qui m’appelle ; et chaque fois que je m’en suis détourné, il est revenu plus fort. J’ai trouvé alors inévitable d’en éviter le feu et de le suivre. J’ai donc décidé de passer par la Maison de la Culture, à la même heure, et je suis entré pour me tenir devant les étagères, faisant semblant de chercher, et Dieu sait qu’est-ce que je cherchais au juste et qui je cherchais. Lorsque j’envoyais un regard vers les livres, de nombreux autres partaient ailleurs, et les choses ont duré ainsi jusqu’au moment où je l’ai vue entrer par une porte proche, ses regards se déplaçant, et il m’a paru que son état ressemblait au mien.

J’ai fait alors semblant de scruter du regard un manuscrit, puis je me suis dirigé vers elle. En m’apercevant, elle a crié : monsieur Sabiluddine, quelle belle coïncidence ; quel bon vent nous réunit. Elle s’est tue un instant avant de poursuivre en arabe, la main sur la poitrine – à la façon du salut islamique entre un homme et une femme – Salam Alaikom. J’ai répondu à son salut avec, dans mon cœur, une joie plus grande que la sienne. Elle m’a demandé ce que je lui conseille comme références au sujet de son thème de recherche, comme si elle voulait en ce faisant, arrêter d’autres questions qui s’accumulaient en marge de cette coïncidence arrangée. Je passais en revue les titres, je retournais les noms, devant son étonnement et ses compliments. Lorsque ma patience devint à bout, j’ai vu qu’elle était tout à fait perplexe et qu’elle avait hâte de chercher. Je lui ai dit d’une voix chaleureuse : Je ne crois pas que vous êtes capable de prendre tous ces titres en même temps, et je ne crois pas qu’ils portent tout ce que vous désirez. Il semble que vous n’ayez pas beaucoup de temps pour atteindre votre but. Je le regrette beaucoup pour vous…

J’ai levé la main pour saluer et j’ai fait quelques pas pour prendre ma place lorsque son appel m’a arrêté, et qu’une main douce a touché mon épaule et m’a fait se retourner. Sa chaleur a circulé dans mon être. Je l’ai regardée et je l’ai vue toute autre, avec une autre image. J’étais perplexe ne sachant pas d’où la magie lui est venue, ou était-ce mon penchant et mes désirs. C’est ainsi qu’en la regardant, je voyais un oasis vert, un beau jardin, une faveur, un désir, sans savoir ce que ses yeux voient en moi. Ce que je n’ignorais pas, par contre, c’était la ressemblance de son aspect extérieur et du mien. Quelle que soit la raison, je ne voyais plus en elle cette belle autrichienne perdue dans les recherches entre les références et les livres de philosophie.

Je suis sorti du silence sérieux et je l’ai vue en train de chercher une issue qui a affaibli sa détermination, car chaque fois qu’elle a voulu le rompre, il lui a semblé que le silence est plus utile. Et chaque fois que j’étais sur le point de lui poser une question, j’ai été retenu par l’espoir de l’examiner davantage et de rester à ses côtés dans un silence majestueux que le Très Haut a voulu comme un silence qui dépasse l’imagination, entre le rêve et l’attention.

Elle a dit d’une voix basse : Allez-vous m’aider à atteindre mon but… elle s’est tue un instant avant de poursuivre : Je vous trouve un homme fier et honorable. Je me suis mis à promener mon regard sur son visage charmant, lisant ses traits ; j’ai bougé ma tête, puis j’ai détourné mon regard, pour me remettre de nouveau à regarder son visage. Nos regards et nos yeux se sont alors fixés, et j’ai vu dans ses yeux des jardins de rêves divers, puis une mer sans horizons ni rivage, mais je n’ai pas réussi à savoir ce qu’elle a pensé de mes pérégrinations. Elle avait, en regardant mes yeux, été prise par un fort sentiment de respect ; elle avait la chair de poule qui l’a empêché d’aller à un endroit lointain, là où les blessures sont apparentes comme les lances qui approchent, là où il y a les gémissements, les causes et les problèmes des peuples arabes et islamiques, et les histoires de la Palestine et de l’Iraq.

Je me suis détourné d’elle pour me diriger dans la salle en lui faisant signe de me suivre. Elle s’est exécutée. Nous nous sommes assis en un coin éloigné et je lui ai dit : Posez les questions que vous voulez et je prie Dieu, le Très Haut, d’être, grâce à sa lumière et à sa bonté, en mesure de vous donner satisfaction, même incomplète.

Ma réponse l’a étonnée et elle lui a fait peur. Elle a failli perdre conscience, mais elle s’est retenue et elle s’est calmée.



[1] « Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont bien dirigés » [Ya-Sin, 21].  

SUR LA VOIE DE DIEU

SUR LA VOIE DE DIEU
Elle a pris sa place correctement, elle a froncé le front et elle a fixé son regard sur moi, puis elle a demandé : S’il arrive à quelqu’un de chercher un témoin de la Résurrection dans sa réalité et la preuve dans sa vie et son expérience, peut-il trouver ce qu’il cherche ? Elle n’a pas eu à attendre longtemps et j’ai dit : Lorsque vous passez en revue vos attitudes, lorsque vous jugez votre conduite, lorsque vous essayez d’analyser ce que vous avez fait ou dit, à diverses étapes, et dans diverses circonstances, vous trouverez que vous ne possédez, sur le plan de la valeur, que ce que le Très Haut a bien voulu vous donner, lorsqu’il vous a inspirée, dirigée, pardonnée, sauvée, car très souvent l’homme subit des cas qui dépassent ses moyens, qui affaiblissent sa volonté, qui humilient sa personnalité, qui lui tournent la tête, qui le rendent méprisable à ses propres yeux, le rendant incapable, désespéré, sans espoir et sur le point de partir, comme si son heure avait sonné. Puis soudain, et grâce à l’attention et à la bonté divine, il retrouve son état et il est sauvé. Tout ce que le Très Haut fait à l’être ne suffit-il pas pour que la personne se retourne vers Dieu et qu’elle s’aperçoive qu’il la fait revivre avec le désastre, et qu’il lui a donné les bienfaits, l’a sortie du néant, et ce Dieu là n’est-il pas capable de faire revivre les morts ?[1]

la couverture du livre (le jour du jugement)
Ce qui m’a plu en elle, lorsque j’ai terminé ma réponse, c’est le fait qu’elle a baissé la tête et qu’elle s’est mise à dire trois fois, certes et oui… puis elle m’a regardé et elle m’a dit, toute tranquille : Comment vous paraît le témoin de la finalité dans ce vaste univers qui est la base de la résurrection et une méthode qui s’étend dans la logique du signal de la vérité du Jour Dernier ?

Ma réponse est partie immédiatement comme si elle était la suite de la question et une partie d’elle : C’est la disposition naturelle de toutes les créatures. La rectitude cosmique totale – celle de chaque créature et sans exception – est un témoignage de l’unité de la finalité, c.à.d. l’unité de l’ordre divin, de la conclusion et du destin.

L’unité de la finalité est un témoignage de l’unité de la source, du mouvement, de l’ordre et de l’orientation. C’est le synonyme de l’unicité du Créateur et l’éternité de celui qui commence et qui recommence.[2] Elle baissa la tête humblement pendant que sa langue récitait les paroles du Très Haut : « Béni soit le nom de ton Seigneur plein de majesté et de munificence » [Le Miséricordieux, 78].

Puis vint une autre question : Si nous attendons l’inspiration et ce que les croyants sont tenus de croire, et si nous passons au sujet de la vérité objectivement, ou si nous la regardons sans préjugé ou inspiration d’une religion, pouvons nous l’atteindre, ou serions nous capable d’avoir la tranquillité à son sujet et avoir la paix de l’âme qui ne peut être qu’en elle, sachant que l’âme est toujours inquiète et qu’elle n’a de remède que la Vérité et de guérison de ses soucis et de ses douleurs que la certitude.

La réponse vint, pour son silence, comme une chose étonnante : J’ai été doté de larges capacités, de forces et de facultés diverses, qui si elles étaient utilisées dans le but pour lequel elles ont été créées, auraient communiqué le message et si elles avaient été dirigées selon leurs dispositions naturelles, auraient guidé et dirigé.

Si vous aviez eu la possibilité de les diriger vers le but vers lequel elles ont été créées, vous auriez trouvé facile de connaître l’Heure, au cas où vous auriez cherché et que vous seriez restée dans la rectitude. Vous auriez pu aussi connaître la vérité des comptes à rendre, à travers les signes confirmés, et conformément à la justice et à la promesse du Très Haut : « Traiterons-nous ceux qui sont soumis à Dieu de la même manière que les criminels ? » [Le Calame, 35]. « Le croyant serait-il semblable au pervers ? Ils ne sont pas égaux » [La Prosternation, 18]. « L’aveugle n’est pas semblable à celui qui voit, ni les ténèbres à la lumière, ni l’ombre à la chaleur ardente » [Le Créateur, 19-21].

Vous auriez également atteint le repentir. Ainsi, vous auriez fini par comprendre le sens du Dieu éternel, un et unique.

Elle est sortie de son errance et elle a crié, charmée et craintive : Comment le verrai-je alors qu’il voit et que nul ne le voit ?

J’ai poursuivi : Vous voyez ses actes et ses ordres, vous voyez comment il gère, et ainsi vous voyez sa vérité, sa divinité. En revoyant ses phénomènes on aperçoit ses aspects, et en examinant ses bienfaits on prend connaissance de ses noms.[3] Vous le voyez, ici, mais de la façon qui est exclusive à lui, qui convient à sa Majesté et à son Sublime dans l’existence de l’univers et des créatures dans le cadre d’un système qui se dirige inévitablement vers l’Islam.

Vous le voyez dans la cohésion des atomes sur terre comme au ciel, dans le mouvement des galaxies dans les profondeurs de l’espace.



[1] « Votre création et votre résurrection sont pour lui comme celles d’un seul être. Dieu entend et voit parfaitement » [Luqmane, 28].
[2]  « De même qu’il vous a créés, vous retournerez à lui » [Al-‘Araf, 29]. « Puis le Jour de la Résurrection, vous serez ressuscités » [Les Croyants, 16]. « Souvenez-vous de moi, je me souviendrez de vous. Soyez reconnaissant envers moi, ne soyez pas ingrats envers moi » [La Vache, 152].
[3]  « Dis, invoquez Dieu, ou bien invoquez le Miséricordieux. Quel que soit le nom sous lequel vous l’invoquez, les plus beaux noms lui appartiennent » [Le Voyage Nocturne, 110].

LA PRISON ET LE DÉBUT DE LA LUTTE

LA PRISON ET LE DÉBUT DE LA LUTTE

Après avoir obtenu mon diplôme de la Faculté des Sciences
Sociales, et réalisé mon vœu le plus cher, en obtenant grâce au Très Haut, une mention d’excellence, je me suis mis à coucher sur le papier ce que j’avais sur le cœur. J’ai ensuite cherché à les imprimer et à les diffuser. Ce ne fut pas une tâche difficile car la situation était si amère qu’elle rendait les gens nécessairement réceptifs. Je fus, du jour au lendemain, et sans justification directe, l’objet d’une attention particulière de la part des services de renseignements et d’espionnage des gens, - ce qui est interdit dans le Coran « N’espionnez pas ! Ne dites pas de mal les uns des autres » [Les Appartements Privés, 12].  C’est ainsi que je passais, des fois, la nuit dans un centre de détention et des fois, je revenais à la maison que j’ai héritée de mon grand père, et qui est devenue, du fait de l’injustice, de ses mesures et de ses agents, un lieu d’assignation à résidence que je ne quittais que pour retourner au lieu de détention tout proche. Je n’avais commis aucune faute honteuse ni un crime quelconque sauf d’avoir pris le Coran comme la raison d’être de mon existence et de mon message.

la couverture du livre (le jour du jugement)
Les choses n’ont pas tardé à ce rythme et la volonté divine a voulu que le ministre de l’intérieur quitte la scène, puni par la colère divine, pour être remplacé par l’un de ses semblables dans le mal et la corruption, sauf qu’il traitait les problèmes de manière différente.

Une fois installé dans ses fonctions, ce dernier a émis un ordre d’arrestation à mon égard à la suite duquel j’ai été l’objet d’un jugement sommaire qui suscite le dégoût, et qui stipulait mon emprisonnement pour une période de deux ans sous l’accusation de fomenter des troubles contre la sécurité de l’État.

Là-bas, dans l’obscurité de la cellule diabolique enregistrée dans l’histoire de l’injustice et de la tyrannie, je me suis mis à prier le Dieu des mondes et à écrire, convaincu que j’étais, qu’il y avait des générations en puissance que le Tout Puissant allait faire sortir à la lumière de la vie. Elles liront et comprendront ce que je dis et ce que j’écris, peu importe si je les connaîtrais ou pas. Le Jihad ne s’arrêtera que si la religion s’arrête, et je n’avais d’autre choix que de continuer à écrire et à analyser puis à envoyer mes écrits avec les prisonniers libérés pour être diffusés. Notre choix étant le Jihad que Dieu a confié aux justes parmi ses adorateurs.

Je ne nie pas du tout combien la conduite des geôliers et des inspecteurs était spéciale avec moi, lorsque je voyais les tortures auxquelles étaient soumis les voleurs et les assassins, et comment étaient méprisés les trafiquants et les violeurs. Toutefois, aucun de ces gens là n’a eu autant de souffrance que moi, et nul n’a été aussi misérable et  insulté comme moi. Mais j’étais une bannière qui invite à l’Islam, une voix qui glorifie le Coran, un cri de la justice face à la tyrannie, et ceci était une faute aux yeux des oppresseurs, une raison pour leurs ruses et une justification pour leur agression.[1]

Dans l’obscurité de la prison, au milieu d’une forêt de barreaux détestables, j’ai réussi grâce à Dieu à mettre au point la base sociale de la transformation islamique comme fondement indispensable et comme point de départ inévitable pour mener à bien les opérations de transformation et pour libérer cette transformation des tares et obstacles résiduels.

Il est, en effet, indispensable de libérer les peuples des obstacles qui les tiennent et de les rattacher à leur religion et à ses buts à travers des formulations nouvelles et des programmes étudiés qui installent dans leur conscience une réalité islamique légale au lieu de la fausse réalité qui leur a été imposée sous la pression d’une force perverse et la terreur des gens au pouvoir.

Le Grand Coran était le point d’appui solide de cette base et l’inspirateur de ses dimensions morales et relationnelles, économiques, messianiques ; l’inspirateur unique de sa structure institutionnelle, de sa doctrine jihadiste et de son parcours moral.

Les deux ans imposés par l’injustice venaient à peine de prendre fin que les masses populaires étaient en train d’accueillir avec enthousiasme les dernières publications appelant à la révolution et qui ont porté diverses signateurs ainsi que différents titres et appellations. Seul Dieu pouvait en connaître l’origine ou l’auteur.

Après la prison, j’ai rejoint les rangs des gens après avoir été privé de mes droits civils et publics à la tête desquels il y avait l’interdiction d’occuper une fonction publique. Cette mesure ne devait pas me gêner ou m’ennuyer car, grâce à Dieu, je pouvais me passer des revenus de l’emploi avec ce que mon grand père m’a laissé en héritage, surtout que je m’étais engagé déjà à ne pas collaborer avec un système illégitime qui lutte contre l’Islam et ses gens.

Après une courte période de repos, durant laquelle j’ai étudié la situation et les moyens de s’attaquer à elle, il m’est apparu que je n’en avais pas les moyens. J’ai alors eu recours à une ruse qui porte mon âme là où je veux et qui porte ma pensée partout. J’ai commencé, en comptant sur le Très Haut, à préparer les éléments humains qui sont les moteurs de la révolution, les gens qui appellent au changement en direction de l’Islam, qui sortaient en groupes et qui soulevaient dans le cœur de la nation les tempêtes et les vagues, ce qui a mis le baume en mon cœur, qui m’a donné le sentiment de s’approcher du but et de la victoire de l’Islam.



[1] « Ils ne leur reprochaient que d’avoir cru en Dieu, le Tout Puissant » [Les Constellations, 8].

LE PACTE DE L’ISLAM

LE PACTE DE L’ISLAM


Pendant que j’essayais avec un groupe de croyants de ranimer les prises de conscience et de réveiller les forces potentielles de la nation pour les pousser à prendre leurs positions dans le cours des événements terribles qui nous ont été imposés, les milieux sionistes infiltrés derrière les immunités parlementaires et religieuses, et à travers les brèches, les ambassades et les sociétés à double face, commerciales et d’espionnage, luttaient pour créer la sédition et les divisions. Les éléments stipendiés et les vendus ont réussi à créer les conditions provocatrices funestes entre les Musulmans sunnites et chiites, qui n’ont pas tardé à se transformer en événements sanglants et regrettables au cours desquels aucun oppresseur n’est mort et aux traces desquels aucun opprimé n’a échappé, lorsque leur mal est entré dans chaque maison musulmane et que leurs répercussions ont laissé leurs tâches sur la vie de tous les croyants.

la couverture du livre (le jour du jugement)
Pour faire avorter l’occasion saisie par l’ennemi, en tant que sédition et calomnie, nous avons décidé de tenir une série de réunions, groupant des éléments actifs des deux catégories. Ces réunions ont porté leurs fruits, grâce à Dieu, sous forme d’engagement que nous avons intitulé le Pacte de la Fraternité et de la Loyauté, dans lequel il est dit :

« Voici ce à quoi se sont engagés les gens de la Sunna et de la Jama’a, d’une part, et les Chiites de la maison du Prophète, d’autre part.

1- Adorer Dieu sans rien lui associer, et ne prendre d’autre patron que Dieu. Que le Coran reste un arbitre entre nous et une référence, la source du plan de notre vie et de l’organisation de nos affaires. Ensuite, le Prophète et sa Sunna pure à ses côtés. Sauvegarder nos choses sacrées, nos terres bénites, nos patries et nos peuples et défendre les misérables de la terre et les fils de l’humanité opprimée.

2- Ne pas laisser les différends issus des sources contradictoires et qui sont limités dans le cadre de la jurisprudence déborder et se transformer en disputes et les garder dans le cercle des idées et du dialogue calme ; soumettre ce dialogue aux rythmes des contacts inévitables nés du fait de l’appartenance commune à la doctrine de la Vérité qui est la base de l’Islamisme du Musulman quelle que soit sa secte ou son penchant.

3- Remettre à jour, diffuser et promouvoir les valeurs et les concepts, les occasions et les coutumes, les mœurs communes, et y attirer l’attention. Faire cesser, rejeter et refuser tous les gestes d’animosité et de haine et leurs causes, les aspects de la sédition, des conflits et des complots ainsi que leurs auteurs, à tous les niveaux, populaire et chez les hommes de science-ulémas – et aux divers niveaux de responsabilité, chez les classes avisées et les catégories actives.

4- Créer des conseils communs ayant pour base et pour constitution, les principes intellectuels qui unissent et les doctrines communes, les témoignages coraniques, les signaux des messages, l’unité culturelle, les caractéristiques civilisationnelles et les signes divins.

5- L’engagement volontaire, les dons, le travail, le jihad pour fonder les clubs, associations, organisations, fronts, partis et mouvements religieux islamiques groupant tous les fils de la communauté islamique sans égard à leur appartenance sectaire, et aux différences de leurs opinions, pourvu que soient élaborés des programmes de travail y relatifs à partir du cœur même des facteurs communs dans le Coran et la Sunna, de l’unité du but, du défi, de la réalité et du destin.

6- Créer des Conseils Supérieurs dirigeants, populaires et gouvernementaux communs, présidés nécessairement par des notabilités de la part du peuple qui agira en vue de populariser les orientations officielles et de les rapprocher de la conscience de la nation, de sa doctrine et de son message. Des conseils qui, grâce à un contrôle objectif et actif, chercheront à garder les institutions et les organismes aux origines populaires, des corps représentatifs clairs et actifs des forces du peuple qui a le mérite de les avoir créés après Dieu. Ceci afin de les protéger contre l’apprivoisement, les fédérations, les syndicats et autres. Ces conseils devront veiller à ce que ces institutions et organismes restent souverains et qu’ils ne soient pas faussés par les éléments qui visent à prendre le pouvoir, ou par les catégories responsables armées de ruse et d’ambitions illégitimes.

7- Se mettre d’accord de façon ferme et décisive pour ne pas faire supporter par les Musulmans actuels les désastres de l’Histoire, les causes de séditions, les facteurs de division, apparents et cachés ; et pour ne pas faire couler leur sang et sacrifier le grand Coran et le grand Islam pour maintenir et réanimer ces discordes.

8- Créer des Conseils Supérieurs d’orientation et de conseils, de pression positive légitime formés de membres appartenant à trois catégories : l’élite des gens au pouvoir qui croient en la responsabilité. L’élite des ulémas religieux connus pour leur intégrité, leur courage et leur jihadisme, leur éloignement des objectifs terrestres. L’élite des hommes de science, des experts et des spécialistes des différents domaines intellectuels, scientifiques et biologiques. L’élite des riches et des grands de la finance et des affaires, et l’élaboration d’un programme qui leur est propre, ayant pour base et pour référence le Livre du Très Haut et la Sunna de l’Islam. La réunion de ces trois catégories, gouvernants, ulémas et riches, sur un même plan et un objectif commun, est de nature à tirer la nation, toutes catégories confondues, vers ce contexte. Les gens suivent, d’après leur nature, trois sortes de gens, ceux au pouvoir, ceux de la science et ceux qui ont l’argent, car ils représentent la source de base des besoins des créatures, et l’axe principal autour duquel tournent leurs politiques et leurs aspirations. L’accord entre ceux qui, après Dieu, ont de quoi satisfaire les besoins de la communauté, est de nature à les rassembler après leurs divisions, et à les unifier après leur séparation.

Si nous regardons de près le Livre du Très Haut, nous trouverons que chaque fois que Dieu, le Très Haut, a envoyé un Prophète ou un Messager, ce dernier à commencé par adresser un appel aux nantis parmi ces trois catégories, en raison de ce qu’ils représentent comme leadership naturel, comme notabilité réelle, comme pouvoir, effet, influence et management. Si nous procédons à une opération de recensement précis des membres de ces catégories dans chaque société, nous trouverons qu’ils représentent la force numérique totale des fils de la nation. Si nous abordons ce point là dans le Grand Coran, nous y trouverons leur citation de façon étonnante.[1]

Ceci étant, si ces gens-là sont bons, tout est bon, et s’ils sont corrompus, tout devient corrompu, et l’état que nous vivons n’est que l’effet de leur état et de la voie qu’ils suivent.

L’ennemi juif a réussi à attiser les conflits existants entre les Musulmans et à en aggraver le rythme ; à les exploiter et à les diriger vers ses objectifs et ses plans, ce qui lui a permis de voir apparaître des fronts idéologiques ennemis dans les rangs des gens de la même communauté, et l’apparition de relations conflictuelles à l’intérieur de la maison islamique. Cet ennemi ne s’est pas contenté de cela ; il est allé plus loin pour obtenir ce qu’il cherchait de plus cher, à savoir la formation d’alliances avec une partie des Musulmans contre une autre partie musulmane sous prétexte de sécurité, de danger potentiel commun venant d’un ennemi imaginaire. Le démon occidental a réussi à convaincre ses alliés trompés que cet ennemi est un voisin musulman, un arabe, qui les guette et qui leur veut du mal… Non content de cette calomnie, l’ennemi juif est entré dans les rangs de ses ennemis et de ceux qui s’opposent à son existence, qui luttent contre ses convoitises parmi les islamistes révolutionnaires. Il est entré comme une obsession lorsqu’il a réussi à détourner de nombreux fronts du jihad et de la révolution chiites et sunnites vers ses objectifs, en les divisant et en semant la discorde entre eux.

De ces fronts sont même sortis des gens qui ont mis cet ennemi au second rang de leurs ennemis derrière leurs frères en religion. Il est regrettable et triste de trouver dans les rangs des mouvements révolutionnaires jihadistes sunnites dans le monde des gens qui classifient leurs ennemis en considérant les chiites, en tête, suivis par Israël puis par l’Amérique. Ou de voir chez les organisations jihadistes chiites d’en face des gens qui considèrent les sunnites comme les ennemis, en premier, puis Israël et puis l’Amérique.

Une telle réalité ne produit que du mal.[2] Les semblables de ces pervers des deux bords ne combattent que l’Islam et ne font la guerre qu’à Dieu et à son Prophète. Ils ne veulent du mal qu’aux Musulmans. Leur situation hypocrite leur permet de faire des compromis et des alliances avec les ennemis de Dieu et de la Religion pour se débarrasser, d’abord, de leurs frères. Ils s’imaginent que l’ennemi les ignore et qu’ils sont capables de dénoncer son pacte, de le laisser tomber lorsqu’ils veulent, lorsque sonnera l’heure de se lancer contre l’ennemi suivant. Ils ignorent qu’il ne sera plus possible, après avoir tué le frère, de mener un combat contre quiconque, car celui qui tue son frère ne combat que son frère, et il n’a aucun moyen de combattre ses autres ennemis, car telle est la sanction des injustes. Chaque fois que quelqu’un a tué son frère, le Très Haut l’a humilié ; il lui a fait sentir le goût de la honte et de la faiblesse ainsi que les souffrances de la vie future. Si seulement ces gens savaient.

Les adeptes de ces concepts de débauche qui considèrent une partie musulmane un ennemi principal avant les juifs et les sionistes, sont des gens qui ont suscité la colère de Dieu qui les a maudits. Il a bouché leurs yeux et leurs oreilles et ils ne sont ni sunnites ni chiites, et ni musulmans. Il est du devoir de chaque Musulman libre, unificateur, fier, de s’éloigner d’eux et de les méconnaître. Il doit même lutter contre eux, individus et groupes. Ce sont eux l’ennemi, méfiez-vous d’eux. Ce sont les Khawarejs de notre époque, les démons et les menteurs.

Ceci étant, et pour mettre un terme aux cycles du mensonge et pour faire avorter les objectifs et les machinations de l’ennemi sioniste occidental, nous lançons le cri de déclaration du Front Islamique Unifié, comme un porte-parole unique des buts et objectifs de l’existence islamique, et un sauveur porteur d’une mission pour les Musulmans et les opprimés, des griffes des tyrans et de leurs agents qui circulent partout sur terre.

Instaurer le système exemplaire espéré, qui couvre de son ombre tous les Musulmans et les peuples de la terre sur la base coranique totale au lieu de la base tirée des concepts et des jurisprudences d’une seule secte. La loi de la société politique de l’État Musulman exemplaire est inspirée, dans son essence et son contenu, ses textes et ses signaux, du Livre de Dieu seul. C’est la Loi, la constitution et le dirigeant général de l’État et l’unique inspirateur de ses plans et objectifs. Ses provisions sont obligatoires pour tous les résidents sur le territoire de l’État sans exception. Quant à la pratique sectaire, elle est limitée à la façon selon laquelle les citoyens exercent les rites de leur religion, ce qui rentre dans le cadre de la liberté doctrinale totale, protégée par le pouvoir. L’État, à ce state, est coranique, neutre et sans parti pris à l’égard des sectes, et il n’est pas concerné par les différends de jurisprudence et par les différences conceptuelles qui séparent les fils de la même nation. Ceci exige une union ferme dans l’orientation doctrinale qui ouvre la voie à une union solide comme voie de l’existence.

En outre, il n’y a de vie islamique avec ses rites et ses âmes, ses climats et ses relations, que dans l’union idéologique à l’ombre d’un système de gouvernement fort triomphant.

D’autre part, cette union ne peut naître qu’en mettant de côté les écoles au profit de la transformation coranique exclusive et approfondie, en renvoyant les sectes ou écoles au cercle des libertés individuelles dans la pratique doctrinale en prenant les mesures qui garantissent la sécurité du caractère coranique pur du système de gouvernement et la poursuite de sa marche dans cette direction divine, ainsi que la mise en place de plans visant à la protéger et à la défendre face aux penchants sectaires.

La forme légale unique de l’État face à l’opposition des sectes et des concepts et jurisprudences, des enseignements et des conceptions, est la forme qui augmente les facteurs de son rapprochement de l’inspiration de Dieu, le Majestueux, et son attachement fort à sa lumière et à son Livre.



[1] « Lorsque nous voulons détruire une cité, nous ordonnons à ceux qui y vivent dans l’aisance de se livrer à leur iniquités. La Parole prononcée contre elle se réalise et nous la détruirons entièrement » [le Voyage Nocturne, 16]. « Nous avons envoyé Moïse avec nos Signes et un pouvoir incontestable, à Pharaon, à Haman et à Coré » [Celui qui Pardonne, 23-24]. Pharaon est le symbole du pouvoir, Haman le symbole de la science, Coré est le symbole de l’argent. Voyez comment les Versets coraniques parlent des gens nantis, de leur rôle, de leur importance et de leur influence dans l’orientation de la vie, de l’état des gens, de la conscience de la nation, de sa façon de se conduire et de penser, « Laisse moi avec ceux qui crient au mensonge ; avec ceux qui vivent dans l’aisance » [Celui qui s’est Enveloppé, 11]. Si ces gens aisés mettent les moyens dont ils ont été dotés au service de leurs objectifs, s’ils les utilisent pour leurs passions et leurs maladies, ils deviennent responsables « Lorsque nous châtierons ceux d’entre eux qui sont riches, ils pousseront des cris d’angoisse » [Les Croyants, 64].
[2] Voyez les relations sanglantes entre les Sunnites et les Chiites au Pakistan et en Afghanistan, à titre d’exemples, en plus de la Péninsule Arabique et du Golfe.

lundi 29 juillet 2013

LA LISTE

LA LISTE

Sous le titre « Matières pour le Traitement et la Clarification », les points traités dans mon essai de la question sociale, ont été classés sur la base suivante :

la couverture du livre (le jour du jugement)
1- La sécurité alimentaire et de subsistance, les mécanismes et les systèmes qui la garantissent et qui sont de nature à la diffuser et à l’appliquer, et les relations qui renforcent sa pérennité.

2- Rétablir les liens entre l’éducation et l’enseignement, et faciliter leur lancement ensemble afin de garder leur importance vis-à-vis l’un de l’autre, car il n’y a pas de dignité à une éducation sans savoir et il n’y a pas d’honneur à un savoir sans éducation.

3- Assurer les facteurs de garantie et de sécurité au cœur même des relations existant entre le pouvoir sous toutes ses institutions et le peuple avec toutes ses catégories et classes.


4- Les domaines d’action des cerveaux talentueux, des éléments innovants et les opportunités d’emploi de l’énergie ouvrière.


5- Subventionner les produits de première nécessité comme l’habitat, la nourriture, les médicaments, l’éducation et l’hospitalisation, et élargir le cercle des valeurs nécessaires de façon continue afin qu’il comprenne de plus en plus de produits de luxe, pour créer les conditions de la croissance, du progrès et de la prospérité, dans le cadre de rythmes réguliers et de formules étudiées.

6- Légaliser sous forme de lois, les valeurs morales et les rendre obligatoires, et en premier lieu, la grandeur d’âme, la pudicité et la galanterie, la magnanimité, l’honnêteté, la fidélité, le secours, l’altruisme, la justice, la charité, les liens du sang, l’accueil de l’hôte, l’assistance au voisin, les conciliations, la recommandation du bien et l’interdiction de l’adultère et des choses blâmables, la conduite éclairée par l’inspiration de Dieu, la rectitude dans tous les cas, le courage et la générosité, la foi, le respect des obligations, la doctrine et le Jihad, la lecture du Coran, la fréquentation des mosquées. Tout cela a pour but de faire porter à l’humanisme de l’homme, une responsabilité sociale obligatoire qui fait de la communauté un surveillant de l’individu, le rendant responsable de ce qu’il fait et l’autorisant à agir à son égard. Le maître de l’individu est son seigneur et ce à travers les concepts de la justice et de la charité et non selon ses caprices, son Démon et ses passions. Il n’y a absolument pas de responsabilité individuelle sans cadres et répercussions sociaux. Car rien ne doit émaner de l’homme que ce qui convient à la communauté, sinon elle a le droit et le devoir de l’arrêter et de s’y opposer.

7-  Les relations équilibrées avec les Nations Unies en tant qu’organisation internationale qui ne connaît pas les bases de la justice, qui doit être au-dessus de l’iniquité, de la tromperie et de la ségrégation ; les relations avec les pays du monde islamique et avec les forces colonialistes pacifistes, et les forces sionistes américaines et israélites.[1]  

8- Les limites, les compétences, les activités des forces de sécurité, de l’armée, des renseignements et des formations de secours.

9- Définir et orienter les sources de revenus, du trésor, des prêts et des emprunts.




[1] C’est-à-dire les relations de chicanes et de lutte, sur la base de « Le Démon et un ennemi pour vous. Considérez le comme un ennemi » [Le Créateur, 6].

10- Réorganiser le Service des Impôts, l’administration des facilités, le système des douanes, les échanges, les banques, les financements et les adapter aux concepts islamiques.

11- Faciliter les formalités des relations économiques et les relations entre les gens pour ce qui touche leurs revenus, internes et externes, qui ne contreviennent pas aux limites établies par Dieu.

12- Élaborer les principes de conduite et les bases des rapports légaux musulmans pour avoir des activités dans les domaines de l’industrie, du commerce, de la production générale agricole, industrielle et intellectuelle, et de l’innovation technique civile et militaire.

Sous le titre – les Interdits – la liste a compris les points suivants :

1- Interdire toutes sortes d’échanges d’intérêts et de rapports avec les forces qui combattent l’Islam dans le monde, et rompre les liens avec les sociétés qui leur apportent de l’aide ou leur payent des impôts.

2- Interdire les formes de provocation et d’appel à la sédition,[1] ses aspects extérieurs, les raisons qui y poussent, la propagande en sa faveur et les activités qui ont lieu dans son cadre.

3- Interdire l’exposition, la vente, l’achat, l’impression, la diffusion et l’importation des disques, (C.D.) rubans, films et autres enregistrements contraires aux constantes islamiques, concernant la doctrine et les mœurs.

4- Interdire toutes les professions, les activités financières, les opérations et les échanges ayant pour base l’usure, le gain illicite et les profits tirés de l’alcool et des stupéfiants.

5- Interdire les insultes, les privations, la torture, la provocation et l’effarouchement des prisonniers et des détenus, de quelque façon et pour quelque raison que ce soit, depuis leur arrestation jusqu’au moment de leur jugement. Interdire de leur appliquer des peines non indiquées ou non justifiées par la Loi de Dieu, loin de toute forme de pression ou de coercition.




[1] Le Prophète de Dieu a dit : « La sédition est dormante. Que Dieu maudisse celui qui l’a réveillée »

6- Interdire les actes qui visent à faire peur, le terrorisme, la diffusion de la crainte, la menace contre la sécurité, le quotidien, en vue d’assurer la sécurité des citoyens paisibles et des étrangers résidents. Interdire de les suspecter et de s’attaquer à eux, et de leur faire supporter les conséquences des actions de leurs supérieurs, car celui qui entre dans les pays de l’Islam en fait part, ou alors il est imposé.

7- Interdire toute activité qui fait sortir tous malentendus sectaires du cercle des idées et du dialogue vers le cercle de la sédition et des querelles, et considérer la secte de l’individu comme un choix personnel et l’un des droits de s’exprimer, dans lequel l’État n’a rien à voir. Les pratiques de l’État, ses bases et ses méthodes, émanent toutes de ce que décident les connaisseurs de la politique générale, de l’administration et de la planification, conformes aux constantes des résolutions de la Charia islamiques. Ces connaisseurs – les fouqaha’ – ont des capacités référentielles et des degrés élevés d’imamat, reconnus au niveau de la nation et de l’expérience.

Outre ce qui précède, la liste[1] a comporté des points importants classés sous le titre des « devoirs » :

1- Imposer le droit de séjour fixe, le travail dans le secteur public, la citoyenneté totale, le droit de possession pour tout Musulman hanif[2] ou tout Chrétien de tendance non laïque, pourvu qu’il soit droit, au registre pur, ayant séjourné cinq ans dans le pays.

2- Imposer la Zakat monétaire et l’impôt du cinquième sur les profits extras, autres que ceux soumis à la Zakat ; les considérer comme des sources de revenus fixes, et en confier la gestion à des responsables sûrs, du genre des fouqaha’, qui apportent l’assistance aux situations difficiles ou misérables, et qui les investissent dans des projets qui leur permettent de subvenir aux besoins des nécessiteux. Ils soutiendront, aussi, la spécialisation dans la jurisprudence et les dépenses sur des projets de l’infrastructure culturelle islamique et le bien public. Chaque école islamique aura son comité qui collectera la Zakat selon sa propre idée. Ici, l’État n’a pas à intervenir tant que la Doctrine et la Charia sont respectées et que la jurisprudence est dans les limites de ces dernières.




[1] Dans ce livre sont donnés quelques points que j’ai voulu comme exemples et modèles. La liste complète qui est expliquée et clarifiée est sous presse dans un livre spécial consacré aux articles fondamentaux de la constitution islamique.
[2] Le Musulman hanif n’est pas laïc ; il ne vante pas la démocratie fausse au lieu de l’Islam, et il ne s’écarte pas de la Religion de Dieu, ne serait-ce d’un pouce.


3- Mettre le cinquième ajouté dans le budget général de l’année passée dans la Caisse spéciale du Secours Islamique pour soutenir les fronts des guerres imposées aux pays musulmans et pour aider à faire face aux catastrophes et désastres.

4- Imposer les droits de la femme indiqués dans la Charia du Très Haut, d’une façon qui enlève à l’époux le pouvoir basé sur le prétexte de la préséance et le ramener aux provisions de la Loi afin d’empêcher l’injustice et la tyrannie de l’homme, sa mauvaise utilisation et son ignorance des articles de la loi. Ainsi, le système de vie des époux sera-t-il soumis à la loi légale qui fixe les limites, les droits et les obligations et qui prévoit, pour le contrevenant, les sanctions qui conviennent. La femme jouira alors de ses droits dans le vaste cercle légal établi entre ses droits et ses devoirs.[1] Elle sera libérée de ce que l’homme lui impose de son propre fait loin des enseignements de Dieu. Elle sera libérée des pressions qui la poussent vers la débauche occidentale, les agissements bestiaux, la licence et l’humiliation de la dissolution.

5- Imposer la liberté des media qui sont objectifs, loin de la corruption, de la désinformation, de la soumission, de l’opportunisme et du chantage.

Il est dit dans la conclusion de cette liste :

Étant donné la voracité de l’agression sioniste occidentale qui convoite les terres des Musulmans et leurs richesses, et la brutalité des invasions barbares juives américaines de nos patries, de nos hommes, de notre culture et de notre civilisation, de nos idées et de nos habitudes, de notre réalité et de notre vie.

Étant donné que l’ennemi athée, laïc, démocratique et pervers a réussi à soumettre nos gouvernements à sa volonté et à les faire marcher selon ses programmes et plans, ses objectifs et ses ambitions, il est du devoir des Musulmans ayant les moyens de se lever en rangs serrés pour défendre le Pacte de Dieu et le nœud de l’Islam, après que les athées du siècle ont pris pour objectif le Livre de Dieu, qu’ils ont violé les lois sacrées des Musulmans, et que nous soyons arrivés au point où Dieu, le Très Haut, distingue l’hypocrite du bon, où celui qui devient incrédule sort de la religion et où les croyants sont confirmés.

Les hommes ont le même corps même si leurs actions sont différentes, leurs besoins contradictoires, leurs âmes diverses et leurs destins éloignés.

Les nations sont ce que sont leurs croyances. Ceux qui ont cru en Dieu et ne lui ont associé personne, qui ont cru en Muhammad comme Prophète et comme dirigeant, au grand Coran comme Livre et comme référence, qui se sont levés comme des mouhajidines, qui ont fait le bien, ceux-là constituent une seule nation et il n’y a pas d’Islam pour les autres, à la lumière de cette réalité, nous n’avons d’autres échappatoire, sur terre comme au ciel, de la colère de Dieu et de l’injustice des oppresseurs, qu’en avançant fermement sur la voie de l’Islam et qu’en s’attachant avec force à son glorieux Livre. L’objectif et la source du bien, de la lumière et de la sécurité, C’est Dieu seul, celui qui fait avancer et reculer, et tout mouvement visant la renaissance et toute conception politique visant le progrès, qui choisit une autre voie que la sienne, et un critère autre que sa satisfaction, est une orientation diabolique hypocrite qui cherche, motivée par les démons et les Iblis, à faire prévaloir le mal sans Dieu, en vue d’attirer les insouciants vers les égarés et les incrédules.

La nation islamique est confrontée à un ennemi qui possède les moyens de la force et de la coercition, et de la trahison, qui n’a pas eu son semblable par le passé. Ceci nous pousse davantage à recourir au Tout Puissant des cieux et de la terre comme base pour sauver la vie ici-bas.

Ceci rend la rectitude envers les Très Haut et le respect de ce qu’il a dicté, de son inspiration et de sa révélation, le seul moyen de gagner sa satisfaction dans la vie future.

Nous sommes, avec Dieu, une force que nul ne peut vaincre sur terre ni dans le temps.[2]

Nous sommes, sans Dieu, une nation faible, distraite, conduite par l’injustice, dominée par la privation, menée par les calamités, la crainte et la tyrannie.

Le fait que l’Islam est toujours fort et grand, vivant et riche, brillant, parfait et génial, non atteint par le mal ni par les troubles, inchangé, en dépit de ce que ses fils ont connu ; en dépit des différends aigus et des animosités lassantes entre ses adeptes ; en dépit des opinions contradictoires et des écoles diverses, des groupes dissidents et des attitudes et des sentiments faibles et insouciants, en dépit de ses communautés, est une preuve éclatante qu’il est la Religion de Dieu. Chaque fois que des conflits ont éclaté dans telle ou telle communauté, ces conflits ont été la cause de sa disparition. Il en est de même des doctrines et des religions. Si cette religion n’était pas celle de Dieu, la situation de ses fils et leurs différents auraient suffi à l’abattre. Le fait que cette religion soit restée en dépit des divisions, est un témoignage sur son caractère divin et une preuve de sa pureté et de son caractère céleste.



[1] C’est un cercle musulman béni, ni oriental ni occidental, ni injuste et oriental, ni pervers et  occidental.
[2] « … et il était équitable pour nous de secourir les croyants » [Les Romains, 47].

UN FLOT D’IDÉES

UN FLOT D’IDÉES

Les idées me bousculaient et ne me quittaient pas. Elles me prenaient au dépourvu, debout ou dans mes rêves, pendant mes moments de repos ou de fatigue, surtout quand il s’agissait de la réalité arabe et de la situation islamique qui y est liée, et qui semble attendre que le monde arabe se réveille, ou attendre son éveil pour se lever.

la couverture du livre (le jour du jugement)
Je n’ai jamais oublié, ne serait-ce qu’une seconde, à quel point est essentielle l’évolution dans le monde arabe en vue de commencer les opérations de changement à grande échelle dans le monde islamique.[1]




[1] « Ceci est un Rappel pour toi et pour ton peule ; vous serez bientôt interrogés à son sujet » [L’Ornement, 44]. La volonté divine a voulu que la renaissance des Arabes soit la base et la fondation de la renaissance des Musulmans dans le monde. Et la responsabilité des Arabes ici est fixe et confirmée. Si cela est un honneur pour eux, toute négligence de leur part sera une malédiction.


La malveillance dans les deux mondes arabe et islamique a atteint un degré qui dépasse l’imagination, et la situation des peuples arabes et islamique est au bord de l’explosion.

En vérité, n’étaient les bénédictions divines issues de la doctrine de l’unification, n’étaient aussi les générations prometteuses et les cœurs humbles, les bannières toutes prêtes de la Vérité, la situation sociale dominant dans le monde islamique aurait suffi à détruire toutes ses sociétés.

Si certaines de ces idées allaient et venaient, d’autres restaient fixées. Il s’agit de la situation sociale qui n’a aucune qualification pour un mouvement islamique libre. Tout saut qui nous porterait au pouvoir à l’ombre de la situation présente est de nature à nous mettre devant de nombreux obstacles et à nous exposer à des calamités de tous genres. L’Islam hanif que Dieu admet, avec lequel il y a eu la Révélation, et au sujet duquel le message tourne, cet Islam-là a reculé dans la conscience de la majorité, et il s’est affaibli dans les cœurs de la plupart ; et il n’est plus présent que chez la minorité qui, si elle se lève, est accusée, et si elle n’agit pas, n’est pas à l’abri des critiques.

Ceci dit, je suis convaincu que notre situation sociale actuelle n’est pas en mesure de nous fournir les éléments du changement quant aux munitions et aux hommes, et que tout État qui verra le jour sous l’ombre de cette situation sera un État despotique où régnera le désordre, et il ne sera jamais islamique. L’État ne peut pas porter une doctrine que les consciences de ses responsables ne portent pas, en premier.

J’ai la conviction claire qu’il est inévitable d’allumer une révolution sociale générale qui sera la base de la révolution doctrinale qui formera l’État islamique modèle. Je me suis mis alors à réfléchir au sujet de la façon idéale de rentrer dans l’arène de la lutte sociale qui est devenue, du fait de sa dimension et des problèmes qui la confrontent, aussi grande que la patrie arabe toute entière et que la totalité du monde islamique. Il m’est apparu clairement que nous devons, en tant que Musulmans, entrer dans cette arène le cœur plein de foi, avec ce que nous avons comme munitions en vue de préparer la victoire et de nous diriger vers la lumière de l’Islam. La première chose qui m’est venue à l’esprit en réfléchissant à ce que nous 

pouvons offrir aux communautés locales et humaines, ou leur avancer comme matières pour se tourner vers la Vérité[1] et comme méthodes pour passer au bonheur de la vie islamique, une liste que j’ai eu l’occasion de préparer à la demande du secrétaire général du Comité de Recherches Sociales. Je me suis mis à l’expliquer et à la détailler, poussé par le désir ardent de me jeter dans l’arène en vue de montrer, d’une part, la grandeur de l’Islam, et d’autre part, d’assouvir la passion du Jihad à partir du cœur même de la vie sociale ; ceci, afin que l’expérience soit accompagnée de l’attitude des gens et de leurs sentiments, de l’esprit de participation et de l’unité de l’orientation et des souffrances, ce qui la rendrait une revendication populaire disposant d’un flot suffisamment fort pour démarrer et qui la renforcera pour devenir une base dans l’application du système de l’Islam.

J’ai réussi, grâce à Dieu le Très Haut, à terminer cet effort dans un espace de temps inférieur à un an, après quoi je me suis trouvé en pleine forme et prêt pour le Jihad et pour me jeter dans l’arène.



[1] Le cher lecteur ne doit pas oublier que la communauté humaine toute entière vit dans une inquiétude permanente et une insomnie continuelle en raison de l’égarement qu’elle ressent et de la faiblesse des systèmes ; ces systèmes qui ont délaissé la formation de l’homme vers l’édification de temples pour leur fausseté.